Du Ziggo Dome au Gashouder, au moins six soirées de l'Amsterdam Dance Event ont été visées par des vols de chaînes en or, parfois sous spray au poivre. Aucune arrestation à ce stade.
L'Amsterdam Dance Event 2026, qui s'est tenu du 21 au 25 octobre, a été marqué par une série de vols de bijoux commis en pleine foule, plusieurs fois accompagnés de jets de spray au poivre ou de gaz lacrymogène. La police d'Amsterdam a confirmé à la chaîne locale AT5 avoir reçu « des dizaines » de plaintes et de signalements depuis le début de la semaine, sans pouvoir avancer de chiffre précis, la situation pouvant encore évoluer.
Au moins six soirées touchées en quatre jours
Les incidents recensés par AT5, Resident Advisor, Mixmag et le magazine allemand Groove concernent au moins six événements répartis dans la ville :
- mercredi 21 octobre : le concert de Black Coffee au Ziggo Dome, où un Rotterdamois de 38 ans s'est fait arracher une chaîne en or ;
- jeudi 22 octobre : la soirée Eastenderz x Loveland au Theater Amsterdam ;
- vendredi 23 octobre : la soirée Audio Obscura à la RAW Factory, où deux hommes ont signalé le vol de leur collier, et la soirée elrow au Kromhouthal ;
- samedi 24 octobre : FLOW, l'événement de Franky Rizardo au Gashouder, et le marathon « Adriatique All Night Long » organisé par Awakenings à la SugarFactory.
Le mode opératoire décrit par les victimes est identique d'un lieu à l'autre : un voleur arrache une chaîne au cou d'un participant au milieu de la foule, souvent lors d'un déplacement vers le bar ou les toilettes. Le spray sert à neutraliser la victime ou à créer un mouvement de panique qui couvre la fuite. Selon AT5, les auteurs l'utilisent aussi parce que la victime remarque plus tard la disparition de son bijou.
Quinze personnes au poste de secours du Gashouder
L'épisode le plus visible s'est produit le samedi 24 octobre vers 19 h 45 au Gashouder, l'ancien réservoir à gaz de la Westergasfabriek, pendant le set de Franky Rizardo. Une tentative de vol de collier a dégénéré en altercation entre le propriétaire du bijou et l'auteur présumé, puis du gaz a été diffusé dans la salle. Des vidéos publiées sur Instagram montrent une partie du public quittant la salle en masse.
La musique a été baissée pendant environ cinq minutes et tous les visiteurs sortants ont été fouillés, sans résultat. Quinze personnes se sont présentées au poste de secours, aucune n'a été hospitalisée. Un porte-parole du site a déclaré à AT5 que le système de ventilation permet de retrouver « un air totalement propre dans la salle en moins d'un quart d'heure ».
Le même soir à la SugarFactory, un Canadien de 38 ans affirme s'être fait arracher deux chaînes en or. En tentant de retenir le voleur, il dit avoir reçu un jet de spray au visage à bout portant ; selon lui, des dizaines de personnes autour ont été incommodées. Il a été pris en charge par les secours sur place. Dans les quatre soirées détaillées par Resident Advisor, la programmation s'est poursuivie après les incidents.
Une méthode déjà observée aux Pays-Bas et en Belgique
Le recours au spray lors de vols en soirée électronique n'est pas propre à cette édition de l'ADE. En décembre 2024, lors d'Extrema Noir à la Trixxo Arena de Hasselt, devant environ 6 000 personnes, deux attaques au spray au poivre avaient eu lieu à une heure d'intervalle ; une quarantaine de participants s'étaient rendus au poste de secours pour se rincer les yeux et un suspect de 22 ans avait été placé en détention. En août 2026, à Lowlands, plusieurs festivaliers ont eu besoin d'une assistance médicale après l'utilisation de spray pendant le concert de Major Lazer.
Face à la multiplication de ces vols, les organisateurs du Rotterdam Rave Festival ont pris une mesure inédite rapportée par Resident Advisor : l'interdiction pure et simple du port de chaînes de cou sur le site.
Aucune arrestation n'a été annoncée à ce stade pour les faits de l'ADE 2026. La police indique qu'elle compte exploiter les images de vidéosurveillance des salles concernées, mais a prévenu au moins une victime que les chances d'élucidation restaient faibles faute d'images des auteurs. L'organisation de l'ADE n'a publié aucune déclaration sur ces incidents.
