Le budget d'automne présenté le 28 octobre relève à 35 % l'abattement de business rates des pubs et des salles de musique en Angleterre. Les discothèques en restent exclues.
Le budget d'automne britannique, présenté le 28 octobre 2026 par le chancelier de l'Échiquier John Healey, relève de 15 à 35 % l'abattement de business rates — la taxe sur les locaux professionnels — accordé aux pubs, aux clubs sociaux et à la plupart des salles de musique live en Angleterre. Les discothèques ne figurent pas parmi les catégories éligibles, alors que le secteur réclamait leur ajout depuis la mi-octobre.
Un abattement porté de 15 à 35 % au 1er avril 2027
Le dispositif, en vigueur à 15 % pour l'exercice 2026-2027, passera à 35 % pour les exercices 2027-2028 et 2028-2029. Il concerne les pubs, les clubs sociaux et la majorité des salles de musique live situées en Angleterre, l'éligibilité étant déterminée par le classement fiscal du local et non par l'enseigne de l'exploitant. Les lieux dont la valeur locative cadastrale atteint ou dépasse un million de livres sont exclus de cette hausse : ils conservent l'abattement de 15 %, assorti d'un gel en termes réels qui plafonne la progression des factures au niveau de l'inflation jusqu'au 31 mars 2029.
Les seuils de la Small Business Rate Relief relevés
Toujours au 1er avril 2027, le seuil de l'exonération totale accordée aux petits locaux de commerce, d'hôtellerie-restauration et de loisirs passe de 12 000 à 18 000 livres de valeur locative, avec une sortie dégressive portée de 15 000 à 21 000 livres. Le Trésor britannique chiffre à environ 70 000 le nombre d'entreprises supplémentaires qui sortiront du champ de la taxe, dont 3 500 pubs, et estime que la moitié des locaux de ces secteurs n'acquitteront plus rien.
Les multiplicateurs 2027-2028 publiés par le ministère du Logement et des Collectivités s'établissent à 44,7 pence par livre de valeur locative pour les locaux standards de commerce, d'hôtellerie et de loisirs, et 52,5 pence au-delà de 500 000 livres de valeur locative. Le financement repose notamment sur une hausse du Machine Games Duty appliqué aux machines de jeu à mises élevées et sur l'obligation faite aux places de marché en ligne de collecter la TVA. L'Écosse, le pays de Galles et l'Irlande du Nord, où la fiscalité locale est dévolue, reçoivent des crédits compensatoires plutôt que ces baisses.
455 discothèques fermées depuis mars 2020
Les chiffres sur lesquels s'appuie la filière proviennent du Night Time Economy Market Monitor, produit par la Night Time Industries Association (NTIA) et NielsenIQ à partir des données de CGA. Entre mars 2020 et juin 2026, le parc de lieux de nuit suivis — discothèques, bars de nuit et casinos — a reculé de 28,7 %, soit un solde net de 867 établissements, contre 14,4 % pour l'ensemble du marché. Les discothèques accusent la baisse la plus marquée : 455 fermetures, soit 36,5 % du parc. Le premier semestre 2026 affiche un solde net de 374 établissements en moins sur l'ensemble de l'économie de la nuit.
La NTIA réclame une baisse de TVA et des cotisations patronales
Le 16 octobre, la NTIA avait demandé l'ajout des discothèques au dispositif, dont elles avaient été écartées lors de son annonce initiale. « Les lieux de nuit britanniques disparaissent à un rythme presque deux fois supérieur à celui du marché dans son ensemble », avançait alors Michael Kill, directeur général de l'organisation.
Dans sa réaction publiée le 29 octobre, l'association relève les mesures obtenues sur la fiscalité des jeux d'argent, les coûts de l'énergie, l'emploi des jeunes et l'accès au financement, mais juge que leur portée sur l'ensemble de la vie nocturne sera « probablement limitée », environ 70 % du secteur étant constitué de PME. Elle estime que le détail des textes déterminera qui en profitera réellement et réclame des baisses de TVA et de cotisations patronales, ainsi qu'une stratégie de court terme élaborée avec la filière. « Nous ne pouvons pas confondre le fait de limiter de nouveaux dégâts et celui de réparer ceux qui sont déjà faits », déclare Michael Kill.
28,06 livres dépensées par personne et par sortie
Une étude de CGA by NIQ, publiée le 28 octobre, mesure la dépense moyenne par personne lors d'une sortie dans un bar, un pub ou un restaurant au Royaume-Uni : 28,06 livres en 2026, contre 20,95 livres en 2020, soit une progression d'environ 34 % en six ans. La hausse s'est tassée à 2,1 % sur la dernière année. À Londres, le montant est stable : 30,08 livres, contre 30,09 livres un an plus tôt.
Aucune de ces mesures ne s'applique aux factures de l'exercice 2026-2027. Leur entrée en vigueur dépend de textes réglementaires et d'un guide ministériel encore à paraître, qui fixeront la liste précise des locaux éligibles ; les nouveaux taux porteront sur les avis d'imposition émis à partir du 1er avril 2027. Une consultation sur une règle générale anti-abus en matière de business rates est annoncée pour cet hiver.