Londres : Lost s'installe dans l'ancien London College of Fashion d'Oxford Street et demande une licence 24 heures

Londres : Lost s'installe dans l'ancien London College of Fashion d'Oxford Street et demande une licence 24 heures

Par Crown Artist · · 3 min de lecture

Cinq mois après avoir quitté Shaftesbury Avenue, le club sans téléphone Lost a obtenu un bloc entier d'Oxford Street et sollicite une licence 24 h auprès de Westminster.

Le club londonien Lost a annoncé le 22 octobre sur Instagram avoir obtenu l'usage de l'ancien London College of Fashion, un bloc entier d'Oxford Street. Le lendemain, dans un e-mail envoyé à ses abonnés, l'équipe a demandé au public d'écrire au conseil municipal de Westminster pour soutenir sa demande de premises licence, l'autorisation d'exploitation britannique, en vue d'un « quartier ouvert 24 heures sur 24 » au centre de Londres.

Un bloc entier au 33 Cavendish Square

Le site est délimité par Oxford Street, Cavendish Square, Holles Street et John Prince's Street, à quelques pas d'Oxford Circus. Le bâtiment, dessiné à la fin des années 1950 par le cabinet TP Bennett, a été inauguré en 1963. Il a accueilli plusieurs locataires, dont une enseigne BHS, avant d'être associé au London College of Fashion, rattaché à l'University of the Arts London (UAL). L'école a depuis rejoint un nouveau campus à Stratford, sur l'East Bank du parc olympique, mais son nom figure toujours sur le podium côté Oxford Street.

Le complexe est promis à une reconstruction lourde. Son propriétaire, Oxford and City Holdings, représenté par Berkeley Estate Asset Management, a déposé un projet signé Kohn Pedersen Fox : les trois tours de bureaux seraient conservées, le podium démoli et remplacé par des commerces, et l'ancien campus laisserait place à un bloc de huit étages. La surface brute passerait de 60 499 à 88 787 m². Le dossier était inscrit au comité d'urbanisme de Westminster du 9 décembre 2025, avec un avis favorable des services. Lost n'a pas indiqué combien de temps il occupera les lieux avant le début des travaux.

« No phones. No lineup. »

Début octobre, Lost avait annoncé son retour par un message court : « A 24-hour district in the heart of London. We want to build it with you. No phones. No lineup. » Une vidéo montrait déjà des étudiants du London College of Fashion, sans que le lieu soit confirmé. Time Out évoquait alors une reprise en novembre. La dernière annonce ne donne aucune date d'ouverture et la programmation reste marquée « TBA ».

Le concept reprend celui de la première adresse, imaginée par les créateurs de Secret Cinema : téléphones enfermés dans une pochette à l'entrée, plusieurs salles où se succèdent DJ sets, concerts, expositions et projections de films jusqu'à 6 heures du matin. Les line-ups ne sont jamais publiés : les billets se vendent sans nom d'artiste, et les passages sont découverts sur place. Charli XCX et Skepta y ont fait des apparitions surprises.

Cinq mois après l'Odeon de Shaftesbury Avenue

Lost occupait jusqu'en mai 2026 un ancien cinéma Odeon désaffecté de Shaftesbury Avenue, dans le West End. Il a quitté le bâtiment à l'expiration de son occupation temporaire, en annonçant avoir déjà sécurisé un futur site. Les anciennes salles de projection y avaient été transformées en pistes de danse, deux écrans diffusant des films toute la nuit.

La politique de licences de Westminster

La demande arrive dans un contexte tendu. En septembre, Westminster City Council a maintenu dans sa politique de licences, mise à jour avant le 1er octobre, une formule visant à décourager le « high volume vertical drinking » dans le West End : les espaces conçus pour une forte clientèle debout, au profit des places assises et du service à table. Dans la zone d'impact cumulé qui couvre une partie du West End, les demandes d'ouverture de nouveaux pubs et bars sont refusées, sauf circonstances exceptionnelles. Selon The Guardian, 81 % des répondants à la consultation estivale désapprouvaient cette zone et 84 % jugeaient la politique néfaste pour l'activité.

Le maire de Londres, Sadiq Khan, a accusé le conseil de faire preuve d'une « breathtaking arrogance » : « They would rather see nightlife die than thrive. » Il soutient le projet du gouvernement qui lui permettrait de se saisir de certaines décisions locales de licence. Le conseil assure n'avoir jamais voulu empêcher les clients de boire debout, met en avant la sécurité publique et demande au maire de rétablir les moyens de l'équipe licences de la Metropolitan Police, d'ajouter des bus de nuit et d'ouvrir le Night Tube le jeudi.

À ce stade, ni la capacité du futur lieu, ni les horaires exacts demandés, ni la date d'examen du dossier par le conseil de Westminster n'ont été rendus publics.

Photo : Cjc13 / Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0

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