Une enquête Aqua publiée le 22 octobre et les données de la NTIA dessinent une nuit britannique qui se resserre : sorties en baisse, clubs fermés, bars rentables avant 22 h.
Au Royaume-Uni, plus d'un adulte sur trois déclare réduire ses dépenses de concerts, de cinéma et de soirées. Le chiffre provient d'une enquête menée auprès de 2 000 adultes par l'émetteur de cartes de crédit Aqua, publiée le 22 octobre. Il s'ajoute aux données de la Night Time Industries Association (NTIA) : depuis mars 2020, le pays a perdu plus d'un tiers de ses clubs.
176 livres par mois pour sortir
D'après Aqua, les Britanniques consacrent en moyenne 176 livres sterling par mois aux spectacles et aux sorties (concerts, soirées, cinéma). 35 % des personnes interrogées disent avoir réduit ce poste. Les restaurants arrivent en tête des coupes (55 %), devant les sorties à la journée (41 %) et les loisirs en général (23 %). Selon l'étude, la vie sociale est le premier poste sacrifié quand le budget se resserre.
Scott Yule, porte-parole d'Aqua, attribue ce recul à la hausse « considérable » de nombreuses dépenses courantes des ménages, qui laisse moins de marge pour le reste.
Les 18-24 ans dépensent plus que leurs aînés
L'enquête fait apparaître un écart marqué entre les générations. Chez les 45-54 ans, 26,5 % déclarent dépenser moins pour sortir. Chez les 18-24 ans, 53,3 % disent au contraire dépenser davantage. La génération Z consacre en moyenne 257 livres par mois aux sorties, et seuls 5,7 % de ses membres disent les réduire.
Ces chiffres nuancent un sondage publié par la NTIA en avril, selon lequel un Britannique sur trois âgé de 18 à 35 ans n'a pas les moyens de s'offrir une soirée, alors que 85 % d'entre eux se disent attachés à la vie nocturne.
36,1 % de clubs en moins depuis mars 2020
Le Night Time Economy Market Monitor, publié le 22 septembre par la NTIA avec NIQ et CGA, recense une baisse de 36,1 % du nombre de clubs depuis le début de la pandémie, soit environ six fermetures nettes par mois. Sur l'ensemble des établissements de nuit tardive, le recul atteint 28,7 %, contre 14,4 % pour l'hôtellerie-restauration dans son ensemble.
Sur les lieux qui existaient avant le Covid, 48 % fonctionnent toujours sous la même forme et 38 % ont fermé ; les nouveaux venus représentent 14 % du parc. Entre mars et juin 2026, le nombre d'établissements de nuit a progressé de 0,4 %, mais il reste en baisse de 3,1 % sur un an.
Ces fermetures touchent une filière électronique dont le quatrième UK Electronic Music Industry Report, publié en février, évalue les retombées économiques à 2,47 milliards de livres.
Une nuit qui se joue avant 22 heures
Les bars, eux, dépassent leur niveau d'avant la pandémie (+3,1 %). Les bars à cocktails progressent de 39,9 %, les bars à bières artisanales de 22 % et les bars à thème de 290,8 %. Leur chiffre d'affaires se concentre en début de soirée : 25,1 % entre 17 h et 19 h, 24,5 % entre 12 h et 15 h, 24,4 % entre 19 h et 22 h, et seulement 6,7 % après 22 h. Parmi les clients qui rentrent plus tôt, 30 % citent les transports et 27 % la sécurité.
Le recul est inégal selon les territoires. Liverpool et Newcastle limitent la baisse à 5,5 % depuis 2020. Londres perd 15,5 % de ses établissements de nuit, le Nord-Est 10,5 % et le pays de Galles 17,9 %.
« Près de trois lieux de nuit tardive sur dix ont disparu depuis le Covid et plus d'un tiers de nos clubs n'existent plus. Cela ne peut pas devenir la nouvelle norme », a déclaré Michael Kill, directeur général de la NTIA.
Le prochain rendez-vous est fixé au mercredi 28 octobre : le chancelier de l'Échiquier John Healey présentera son premier budget d'automne. La NTIA y attend des mesures sur la fiscalité et le coût d'exploitation des établissements, ainsi que des investissements dans les transports, la sécurité et les infrastructures de nuit.
