Le 14 janvier 2027, Faber publie l'histoire orale de Trash, la soirée du lundi fondée par Erol Alkan à Londres : dix ans de résidence entre indie, électro et electroclash.
Erol Alkan publiera le 14 janvier 2027 chez Faber Trash: A Club, A Sound, A Home, un livre consacré à la soirée qu'il a fondée à Londres en 1997 et tenue chaque lundi pendant dix ans. L'annonce, faite le 24 septembre 2026, a été reprise par Mixmag, Resident Advisor et DJ Mag. L'ouvrage sortira en version reliée au prix de 20 livres sterling.
Une histoire orale construite sur 39 témoins
Le livre mêle le récit d'Erol Alkan et un travail de recherche fondé sur plus de 70 heures d'entretiens avec 39 personnes liées à l'histoire de la soirée. Parmi elles figurent Justice, 2manydjs, Peaches, Tiga, Felix Da Housecat, Gonzales et Jake Shears de Scissor Sisters. L'objectif affiché : comprendre comment un tel lieu a pu naître à ce moment précis, et ce que son existence a rendu possible.
Un lancement est prévu le 11 janvier 2027 chez le disquaire Rough Trade East, dans l'est de Londres, avec une discussion entre Erol Alkan et la journaliste musicale Kate Hutchinson. Les précommandes sont ouvertes sur le site de l'éditeur.
Dix ans de lundis, trois adresses
Trash a démarré en 1997 au Plastic People, à Soho, avant de passer par The Annexe, sur Dean Street, puis de s'installer durablement à The End, club situé près de New Oxford Street dans le West End. La soirée s'est arrêtée en 2007, sur Dancing Queen d'ABBA en guise de dernier morceau. Pendant ses cinq dernières années, chaque nuit se terminait par deux titres rituels, un morceau des Smiths et un de David Bowie.
Aux platines, Erol Alkan était accompagné de James dans la salle principale à l'origine, puis de Rory Phillips à l'époque de The End, et enfin de Mavs et The Lovely Jonjo. Sur scène, Trash a accueilli très tôt LCD Soundsystem, Bloc Party, Hot Chip, Yeah Yeah Yeahs et Klaxons.
Le pont entre guitares et musiques électroniques
La programmation de Trash reposait sur un refus des cloisons : indie, post-punk, garage rock, électro et electroclash cohabitaient dans le même set. Faber résume ce positionnement en citant The Face, qui la qualifiait de « meilleur club du monde », et The Guardian, pour qui elle incarnait le rapport « de l'époque entre la guitare et la musique de danse ».
Ce croisement a directement concerné la scène française. Au milieu des années 2000, la vague Ed Banger et Justice ont trouvé à Londres un public déjà habitué à ce son hybride, et le duo parisien fait partie des témoins interrogés pour le livre. Erol Alkan a lui-même prolongé ce lien en France, notamment sur la scène d'Astropolis à Brest en 2009.
Le livre arrive alors qu'Erol Alkan a récemment laissé entendre sur ses réseaux sociaux un possible retour de Trash, sans date ni lieu annoncés à ce stade.
Ce que Trash dit du métier de DJ résident
Pour les DJs professionnels en France et en Europe, l'histoire de Trash rappelle la valeur d'une résidence sur la durée. La soirée s'est construite un lundi, une nuit jugée peu rentable, en misant sur la régularité, une identité musicale nette et une équipe de DJs stable plutôt que sur des têtes d'affiche. C'est ce public fidèle qui a ensuite permis de programmer des groupes avant leur succès. À l'heure où de nombreux clubs européens ferment ou réduisent leurs jours d'ouverture, le modèle d'une soirée récurrente, portée par un résident et une direction artistique claire, reste l'un des moyens les plus solides pour un DJ de bâtir une réputation, un réseau et, à terme, un booking hors de sa ville.
