Après un contrôle antidrogue qui a dégénéré le 18 octobre sur le site d'Asiat, Horst annule sa soirée des 28 et 29 novembre et exige des accords écrits avec la ville et la police.
Le promoteur belge Horst Arts & Music a annulé le week-end club prévu les 28 et 29 novembre à Vilvoorde, au nord de Bruxelles, avec MISSFITTE et Body Language à l'affiche. La décision fait suite à une opération de police menée pendant le week-end d'ouverture de la saison Horst Club, les 17 et 18 octobre, que les organisateurs qualifient de « hors de proportion ». Aucune nouvelle date n'est annoncée.
Un contrôle antidrogue le dimanche 18 octobre
L'événement, baptisé Horst Club x Black Gravity Dance, se tenait sur le site d'Asiat, dans le cadre d'une ouverture de 24 heures. Le dimanche 18 octobre, la zone de police ViMa (Vilvoorde-Machelen) y a mené une action de contrôle planifiée, sur le terrain et ses voies d'accès, ciblant la consommation de drogue et d'alcool.
Selon la police, deux inspecteurs en civil ont voulu contrôler une personne soupçonnée de détenir des stupéfiants. Celle-ci aurait immédiatement résisté, rejointe par plusieurs personnes présentes. Les deux inspecteurs auraient été jetés au sol, frappés et reçu des coups de pied, avant que la sécurité de l'événement et d'autres équipes de police n'interviennent. Ils ont été conduits à l'hôpital avec plusieurs contusions et placés en incapacité de travail pendant quelques jours. Deux personnes ont été arrêtées : un homme de 25 ans et une femme de 27 ans, domiciliés à Schaerbeek. Le parquet de Hal-Vilvorde a choisi la procédure accélérée.
Deux récits qui ne concordent pas
Les témoignages publiés par des participants sur les réseaux sociaux, et relayés par le média bruxellois What Happens, décrivent une tout autre scène. Ils évoquent des personnes plaquées au sol, des matraques brandies contre ceux qui tentaient de s'interposer, un agent qui aurait appuyé sur le cou d'une personne immobilisée, et des participants retenus plusieurs heures sans explication. Certains affirment avoir été contraints de se déshabiller devant des agents du sexe opposé. Un témoin rapporte qu'une personne a été emmenée dans une pièce fermée par trois policiers pour ce qui était un chewing-gum. Des témoins contestent que les inspecteurs aient été agressés. Aucune de ces allégations n'a été établie à ce stade.
Dans un courriel adressé au public, Horst a indiqué que l'ampleur de l'intervention dépassait largement ce qui avait été convenu avec la ville. Le promoteur a envoyé un questionnaire aux participants, qui porte notamment sur le comportement des forces de l'ordre.
Des accords écrits exigés avant toute nouvelle date
Dans un communiqué publié le 21 octobre, Horst écrit que son équipe « n'a pas pu protéger » le public sur le moment et présente ses excuses aux personnes « effrayées, blessées ou humiliées ». Le texte précise : « Nous respectons les règles, mais nous n'accepterons pas un contrôle qui met en danger la sécurité de nos visiteurs. »
Le 22 octobre, les organisateurs ont rencontré la ville de Vilvoorde et la police. La réunion n'a pas débouché sur des accords jugés suffisamment clairs pour maintenir la soirée de novembre. Horst réclame désormais des engagements écrits sur trois points : la manière dont les contrôles sont menés, la façon dont son équipe est prévenue, et les mesures pour éviter l'escalade. Le promoteur annonce aussi un examen de sa propre préparation et de sa communication, et l'intégration permanente d'un dispositif d'aftercare, qui a manqué pendant et après l'intervention.
Le 21 octobre, Brussels By Night, la fédération bruxelloise des acteurs de la nuit, a qualifié les faits rapportés de « profondément préoccupants », ajoutant que « l'intimidation et/ou la violence ne sont jamais une réponse acceptable de la part d'un service public ».
Le bourgmestre renvoie à l'enquête
Le bourgmestre de Vilvoorde, Jo De Ro (Anders), s'est dit surpris, les éditions de Horst se déroulant d'ordinaire sans incident. Il a condamné les violences subies par les deux inspecteurs et parlé d'un « équilibre fragile » entre discrétion policière en contexte festif et intervention contre les dealers. Il refuse de commenter le déroulé des faits, sur lequel le parquet enquête, mais critique la communication des organisateurs et prévoit de réunir à nouveau les parties.
Un ancien terrain militaire devenu lieu de fête
Fondé en 2014 sur le domaine du château de Horst, à Holsbeek, le festival s'est installé en 2019 sur Asiat, un ancien terrain militaire de Vilvoorde en cours de reconversion en quartier urbain. Le promoteur y a lancé en 2025 une série de soirées club, dont la saison 2025 s'était ouverte avec Akua, Ge-ology et Richard Akingbehin.
Les détenteurs de billets pour le week-end annulé devaient être contactés au plus tard le 28 octobre pour leur remboursement. Horst s'engage à publier un nouveau point de situation avant le 19 novembre, même sans solution définitive. Les deux personnes arrêtées comparaîtront devant le tribunal le 24 novembre.
