KUVO : AlphaTheta s'associe à l'International Nightlife Association pour identifier les morceaux joués en club

KUVO : AlphaTheta s'associe à l'International Nightlife Association pour identifier les morceaux joués en club

Par Crown Artist · · 3 min de lecture

Le service de reconnaissance musicale d'AlphaTheta, actif dans 160 salles, va être proposé aux 15 000 lieux du réseau INA pour mieux répartir les droits des DJs et producteurs.

Le 14 octobre 2026, AlphaTheta, l'ex-Pioneer DJ Corporation qui fabrique les CDJ et édite rekordbox, a annoncé un partenariat entre sa plateforme KUVO et l'International Nightlife Association (INA). Basée à Gérone, en Espagne, l'INA fédère des associations nationales d'exploitants dont les membres représentent plus de 15 000 lieux de nuit. Elle s'engage à mettre KUVO en relation avec les établissements de son réseau.

Identifier la musique sans tracklist

KUVO repère automatiquement les titres diffusés pendant un DJ set, sans que le DJ ait à déclarer quoi que ce soit, puis transforme ces données en rapports destinés aux organismes qui collectent et redistribuent les droits. Le système combine la reconnaissance audio (Music Recognition Technology, ou MRT) et la captation directe des métadonnées, croisées avec des bases de référence. Il fonctionne avec le matériel de n'importe quelle marque, et pas seulement avec les CDJ et mixeurs Pioneer DJ.

AlphaTheta annonce un taux de reconnaissance supérieur à 92 % et une bibliothèque de référence de plus de 200 millions de morceaux.

Le problème visé est ancien : les clubs paient des licences pour diffuser de la musique, mais faute de relevés précis, une faible part de cet argent revient aux artistes dont les titres sont réellement joués. Les DJs remettent rarement leur tracklist, et les producteurs de house et de techno, dont les morceaux vivent surtout en club, sont les premiers concernés.

160 salles équipées, de Ministry of Sound à Paradiso

KUVO tourne aujourd'hui dans plus de 160 salles au Royaume-Uni, à Ibiza, aux Pays-Bas et en Australie. Parmi les lieux cités figurent Ministry of Sound et The Warehouse Project au Royaume-Uni, Paradiso à Amsterdam, ainsi que Hï Ibiza, [UNVRS] et Pacha sur l'île des Baléares.

Pour les clubs, l'inscription est gratuite et ne modifie pas le montant des licences versées aux sociétés de gestion. Les données sont agrégées : le service n'enregistre pas quel DJ a joué quel morceau et ne publie aucune playlist. Michael Kill, vice-président de l'INA et directeur général de la Night Time Industries Association (NTIA) britannique, résume la règle : pas de set list partagée, pas de suivi de « qui a joué quoi ».

De DJ Monitor à AlphaTheta KUVO Technology

La technologie vient de DJ Monitor, société néerlandaise fondée en 2005 par Yuri Dokter. Les deux entreprises avaient d'abord lancé ensemble « KUVO powered by DJ Monitor ». En juin 2024, ce service s'était associé à la NTIA pour produire des rapports de diffusion dans les clubs britanniques, avec des programmes pilotes menés auprès de PRS for Music et PPL au Royaume-Uni, de Buma aux Pays-Bas et d'APRA AMCOS et PPCA en Australie. L'Association For Electronic Music (AFEM) soutenait l'initiative, lancée après la fermeture d'Aslice, un autre service de déclaration de tracklists.

Le 21 mai 2026, AlphaTheta a racheté la technologie, la propriété intellectuelle et les contrats de DJ Monitor B.V., regroupés dans une nouvelle entité, AlphaTheta KUVO Technology B.V. Le service a depuis abandonné la mention « powered by DJ Monitor ». Son directeur général, Nygel Hiralall, veut faire de la reconnaissance musicale « une composante standard de l'infrastructure des clubs et des événements DJ ».

Une condition du label INAQ

L'INA promeut ces outils depuis 2023, date d'une première collaboration avec BMAT, un autre prestataire du secteur. La reconnaissance musicale est déjà obligatoire pour les clubs qui visent la distinction INAQ (International Nightlife Acoustic Quality), volet du label Triple Excellence in Nightlife décerné par l'association. Les établissements candidats doivent aussi être à jour auprès des organismes de gestion collective de leur pays. Le président de l'INA, Joaquim Boadas de Quintana, présente l'accord comme un moyen de garantir que l'usage de la musique soit correctement identifié et que créateurs et ayants droit soient rémunérés en conséquence.

Plusieurs éléments restent à préciser. L'annonce ne nomme aucune société de gestion collective partenaire, aucun calendrier de déploiement n'a été communiqué, et la France ne figure pas parmi les quatre territoires où KUVO est installé à ce jour.

© AlphaTheta KUVO / International Nightlife Association

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