Le Sucre tente 24 heures de club non-stop à Lyon, un format encore rare en France

Le Sucre tente 24 heures de club non-stop à Lyon, un format encore rare en France

Par Crown Artist · · 3 min de lecture

Du 26 au 27 septembre, le rooftop lyonnais d'Arty Farty ouvre 24 heures d'affilée avec 14 artistes et une billetterie par tranche horaire. Un format berlinois testé en France.

Le Sucre, club installé sur le toit de la Sucrière à Lyon, ferme son mois de septembre avec une soirée de 24 heures sans interruption. Le format démarre le samedi 26 septembre 2026 à 23h55 et s'achève le dimanche 27 à 23h55. Un modèle courant à Berlin ou Amsterdam, beaucoup plus rare dans les clubs français.

Un line-up découpé en trois temps

La programmation réunit quatorze artistes répartis sur trois blocs horaires, chacun avec une couleur propre.

  • Minuit – 7h : G!G! en ouverture, Thelma en back-to-back avec DJ Physical, puis Surusinghe jusqu'au lever du jour.
  • 7h – midi : Legram VG, puis le format Sidequest porté par CBS et Rigo.
  • Midi – 23h55 : Aladdin, Tony Romera, Skin On Skin, Kirara, et pour la clôture Fake_Friends, le duo formé par Airod et Jacidorex, deux figures de la scène rave française.

Skin On Skin, producteur soudano-australien, est le nom international de l'affiche. Son style mêle techno, house classique et influences hip-hop alternatives. Le reste de la programmation fait la part belle aux artistes français et aux résidents de la scène lyonnaise.

Une billetterie calée sur les heures de la journée

Le club a choisi une tarification par tranche horaire. Selon DJ Mag France, l'entrée coûte 20 € de minuit à 7h, 10 € de 7h à 14h et de nouveau 20 € de 14h à minuit. Les billets sont vendus uniquement sur place. Une fois la jauge atteinte, le Sucre fonctionne au remplacement : une entrée pour une sortie.

Le lieu affiche une capacité de 780 personnes. Ce système de rotation permet d'accueillir plusieurs publics successifs sur la journée plutôt qu'une seule foule figée : noctambules de la nuit de samedi, habitués des afters du dimanche matin et public de fin d'après-midi.

Le Sucre, treize ans de club sur un toit

Le Sucre a ouvert le 26 juin 2013 dans le quartier de Confluence, sur le toit de l'ancienne Sucrière, un entrepôt portuaire des années 1930 reconverti en lieu culturel. Il est exploité par Arty Farty, l'association qui organise aussi le festival Nuits Sonores. Le club revendique plus de 150 000 visiteurs dès sa première année d'exploitation et s'appuie sur un système son Meyer conçu pour la salle.

La programmation tourne à l'année autour de rendez-vous récurrents comme les Magic Mardi. Le lieu a lancé en 2025 un festival de quatre jours et avait déjà testé un format long de 12 heures, baptisé EXT. La soirée de 24 heures pousse la logique un cran plus loin.

Le Sucre dispose aussi du label Club Culture et de la certification ISO 20121, obtenue dans le cadre de l'écosystème Arty Farty, qui encadre la gestion responsable des événements.

Un format européen encore rare en France

Les soirées de 24 heures et plus font partie du paysage à Berlin, où plusieurs clubs ouvrent du samedi soir jusqu'au lundi matin. Amsterdam a de son côté délivré depuis les années 2010 des licences 24 heures à une poignée de lieux pour étaler la fréquentation et désengorger les rues à la fermeture.

En France, les horaires des établissements de nuit sont encadrés par la réglementation nationale et par des arrêtés préfectoraux, ce qui rend ce type de programmation exceptionnel. Le découpage choisi par le Sucre, avec un changement de tarif et d'ambiance à 7h, s'inscrit dans cette logique : la journée du dimanche prend l'allure d'un day party plutôt que d'un prolongement de la nuit.

Ce que le format change pour les DJs

Pour les artistes, une soirée de 24 heures redistribue les créneaux. Les sets du matin et de l'après-midi, souvent absents des programmations françaises, deviennent des cases à part entière, avec un public différent et une montée en intensité à construire sur plusieurs heures. C'est une vitrine pour des DJs locaux capables de tenir des sets longs et de lire une salle qui se renouvelle.

Pour les organisateurs et les agences, l'expérience lyonnaise sera un test à suivre : fréquentation des créneaux de journée, efficacité de la tarification horaire et viabilité économique d'un club ouvert sans pause. Si le modèle fonctionne, il pourrait ouvrir de nouvelles plages de booking dans les clubs français qui disposent des autorisations nécessaires.

© Le Sucre

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