Le premier Nighttime Culture Index de l'ADE et VibeLab classe six villes : Amsterdam en tête, Lagos dernière, où une entrée en club coûte près de 25 heures de travail au salaire minimum.
L'Amsterdam Dance Event et le cabinet VibeLab ont publié pendant la 30e édition de l'ADE, achevée le 25 octobre, les premiers résultats du Nighttime Culture Index. L'indice compare la vie culturelle nocturne de six villes, une par continent : Amsterdam, Sydney, New York, Séoul, São Paulo et Lagos. Les données sont accessibles sur un tableau de bord en ligne, nighttimecultureindex.org, accompagné d'un rapport de synthèse.
Amsterdam à 63 points, Lagos à 36,9
Le tableau de bord attribue un score global à chaque ville. Amsterdam arrive en tête avec 63,0, devant Sydney (62,9) et New York (61,2). Suivent Séoul (50,0), São Paulo (47,7) et Lagos (36,9). Les trois premières villes se tiennent en moins de deux points, quand l'écart entre la première et la dernière dépasse 26 points.
Chaque score agrège 30 indicateurs répartis en six dimensions : écosystème créatif, lieux et infrastructures, diversité et représentation, communauté et appartenance, politiques publiques et santé civique, durabilité et environnement. L'outil vise à mesurer ce que la nuit produit sur le plan culturel, et pas seulement son poids économique ou le coût de ses nuisances.
12 000 line-ups et 3 000 lieux passés au crible
L'équipe de VibeLab, appuyée par des coordinateurs de recherche dans chaque ville, a analysé plus de 12 000 line-ups d'événements, évalué plus de 3 000 lieux et recensé près de 30 000 événements culturels non musicaux. Le volet qualitatif repose sur une enquête publique de plus de 700 répondants, des groupes de discussion réunissant 67 participants et les entretiens de 14 experts de la culture nocturne.
Le prix d'une entrée, mesuré en heures de travail
Un des indicateurs rapporte le prix d'une entrée en club classique, hors boissons et transport, au salaire minimum local. À Sydney, il faut environ 1,1 heure de travail pour payer son billet. Amsterdam suit avec 1,3 heure, puis Séoul (1,7) et New York (1,8). L'écart se creuse ensuite : 9 heures à São Paulo et près de 25 heures à Lagos (24,76 selon le tableau de bord).
Amsterdam et New York comptent chacune environ 50 salles de musique dédiées par million d'habitants, selon les chiffres relayés par la presse néerlandaise.
27 à 32 % d'artistes femmes et de genres divers
Sur l'ensemble des six villes, les artistes femmes et de genres divers représentent entre 27 et 32 % des programmations analysées. Dans cinq villes sur six, les experts interrogés jugent faible la diversité parmi les propriétaires et dirigeants de lieux, qui restent majoritairement des hommes. Le rapport note que les scènes underground, alternatives et queer sont celles qui ouvrent le plus leurs line-ups et adoptent les politiques d'inclusion les plus avancées, mais aussi celles qui encaissent le plus mal la hausse des coûts.
Les espaces informels et les lieux autogérés sont décrits comme une infrastructure à part entière pour les artistes émergents. Des formations aux métiers de la nuit existent dans chacune des six villes, mais leur accès dépend souvent de la capacité à payer et elles débouchent rarement sur un emploi rémunéré.
Plus de sécurité dans les clubs que dans la rue
Le sentiment de sécurité à l'intérieur des lieux est élevé partout : 86 à 88 % des répondants à Amsterdam, New York et Sydney, autour de 75 % à Lagos, São Paulo et Séoul. Il chute dans les rues des quartiers de sortie. À São Paulo, 73 % des personnes interrogées se disent en sécurité dans les clubs, contre 11 % dans la rue. À Lagos, les proportions sont de 74 % et 20 %.
Des bureaux de la nuit tournés vers l'économie
De plus en plus de villes disposent d'un bureau ou d'un responsable de la nuit, mais leurs missions portent d'abord sur le commerce, le tourisme et les recettes. Amsterdam fait figure d'exception avec sa Nachtcultuurvisie, la feuille de route municipale sur la culture nocturne adoptée en 2021. « Il n'y a pas de secteur de la nuit sans culture de la nuit », selon Jan-Willem van de Ven, directeur général de l'ADE.
L'édition 2026 sert de point de référence. Le partenariat entre l'ADE et VibeLab court sur trois ans : de nouvelles villes doivent rejoindre l'indice en 2027, et l'édition 2028 doit permettre de suivre l'évolution des scores d'une année sur l'autre.
