Royaume-Uni : Ian Murray promet d'accélérer l'interdiction de la revente de billets au-dessus du prix

Royaume-Uni : Ian Murray promet d'accélérer l'interdiction de la revente de billets au-dessus du prix

Par Crown Artist · · 3 min de lecture

Le ministre britannique Ian Murray veut publier plus vite le projet de loi plafonnant la revente de billets au prix d'origine. Un texte annoncé en 2025 et toujours sans calendrier.

Le gouvernement britannique veut aller plus vite sur l'interdiction de la revente de billets avec bénéfice. Le 30 septembre 2026, lors d'une session organisée par UK Music en marge du congrès du Parti travailliste, le ministre des Industries créatives Ian Murray a déclaré que le projet de loi serait publié « plus vite que prévu initialement ». Aucune date n'a toutefois été donnée.

400 000 livres par jour selon le ministre

Ian Murray a chiffré le préjudice : selon lui, « 400 000 livres par jour sortent de la poche des fans pour aller dans celle des revendeurs ». Le ministère de la Culture, des Médias et du Sport (DCMS) a constitué une équipe dédiée à la rédaction du texte. Tom Kiehl, directeur général de UK Music, l'organisation qui fédère l'industrie musicale britannique, a salué l'annonce en rappelant que les fans attendaient une action « depuis bien trop longtemps ».

Le dispositif annoncé en novembre 2025

Les grandes lignes de la réforme ont été présentées le 19 novembre 2025 par la secrétaire d'État à la Culture Lisa Nandy. La mesure figurait déjà dans le programme électoral du Labour de 2024. Elle couvre l'ensemble des événements live : concerts, festivals, théâtre, humour et sport.

Le texte prévoit :

  • un prix de revente plafonné au prix d'origine du billet, frais obligatoires inclus ;
  • un plafonnement des frais de service des plateformes de revente, pour empêcher de contourner la limite par des commissions ;
  • l'interdiction pour un particulier de revendre plus de billets qu'il n'en a achetés lors de la vente initiale ;
  • l'obligation pour les plateformes de contrôler le respect de ces règles, y compris les réseaux sociaux qui servent de lieu de revente.

L'Autorité de la concurrence et des marchés (CMA) sera chargée de faire appliquer la loi, avec des amendes pouvant atteindre 10 % du chiffre d'affaires mondial d'une entreprise. StubHub et Viagogo, les deux principales places de marché secondaires, sont directement concernées.

Les chiffres du gouvernement

L'étude d'impact publiée avec l'annonce de 2025 évalue l'économie pour le public à environ 112 millions de livres par an. Le prix moyen d'un billet revendu baisserait de 37 livres, frais compris. Les marges pratiquées sur le marché secondaire dépassent 50 %, et les enquêtes citées par le gouvernement ont relevé des billets revendus jusqu'à six fois leur prix initial.

Le gouvernement estime aussi que 900 000 billets supplémentaires seraient achetés chaque année auprès des vendeurs primaires. C'est le point qui touche directement les organisateurs : ces ventes passent par les billetteries officielles des festivals, salles et promoteurs, qui gardent la main sur les prix et sur la relation avec le public. Plusieurs figures de l'industrie ont soutenu publiquement la réforme, dont Dan Smith, chanteur de Bastille, et Stuart Camp, manager d'Ed Sheeran.

En France, un délit depuis 2012

La France encadre la revente depuis plus longtemps. Depuis la loi du 12 mars 2012, l'article 313-6-2 du Code pénal punit de 15 000 euros d'amende le fait de vendre ou de proposer à la vente, de manière habituelle et sans l'autorisation du producteur ou de l'organisateur, des billets d'entrée à une manifestation culturelle, sportive ou commerciale. L'amende passe à 30 000 euros en cas de récidive. Le dispositif britannique adopte une logique différente : il ne soumet pas la revente à l'accord de l'organisateur mais fixe un plafond de prix, et fait peser le contrôle sur les plateformes.

Un texte resté au stade de projet

Le calendrier a pris du retard. Dans le discours du Roi de mai 2026, qui fixe le programme législatif de la session, la mesure n'apparaissait que sous forme de « projet de loi » à publier, sans échéance d'adoption. L'industrie et les associations de consommateurs avaient critiqué ce classement. Andy Burnham est depuis devenu Premier ministre, et la priorité accordée au texte doit être confirmée par la nouvelle équipe.

La prochaine étape est la publication du projet de loi par le DCMS, qui ouvrira la phase d'examen parlementaire. Ni la date de cette publication ni celle d'une entrée en vigueur n'ont été communiquées.

Photo : Patrick / Pexels

Pour aller plus loin