La première date de Thylacine à l'Olympia est complète : une seconde est ouverte le 25 mars 2027. Elle clôturera la tournée Roads Vol. 3 lancée en janvier 2026.
Le producteur français Thylacine jouera deux soirs de suite à l'Olympia, les 24 et 25 mars 2027. La première date, annoncée en juin 2026, affiche complet : la salle parisienne a ouvert une seconde soirée, mise en vente le vendredi 18 septembre 2026 à 10h sur olympiahall.com. Ces deux concerts referment le cycle de tournée de Roads Vol. 3, entamé dans les salles françaises en janvier 2026.
Deux soirs à l'Olympia, six mois avant la date
Les deux représentations sont programmées à 20h, avec une billetterie située entre 39 et 66 euros selon le placement. Écouler une salle de 2 000 places six mois à l'avance, sans rotation médiatique lourde et sur un projet instrumental, reste un fait rare pour un artiste électronique français qui ne relève ni du circuit club ni du format festival grand public.
L'Olympia n'est pas un choix anodin dans cette trajectoire : c'est une salle assise-debout historique, gérée en propre, où la scénographie et le son priment sur le dancefloor. Le format retenu par Thylacine est un live, avec machines, instruments acoustiques et projections, et non un DJ set.
Roads Vol. 3, trois mois d'enregistrement en Namibie
Sorti le 31 octobre 2025, Roads Vol. 3 prolonge une méthode que William Rezé — de son vrai nom — applique depuis 2015 : composer en déplacement, à bord d'une caravane Airstream de 1972 transformée en studio mobile. Les précédents volets avaient été façonnés dans le Transsibérien puis en Argentine.
Ce troisième volume a été enregistré lors d'un séjour de trois mois en Namibie. L'album combine production électronique progressive, field recordings, instruments acoustiques et voix de la communauté nama, dont une chorale enregistrée sur place. Le résultat tient autant du disque documentaire que de l'album de club, et c'est cette matière que la tournée transpose sur scène.
Une tournée longue, appuyée sur le réseau des salles françaises
Plutôt qu'une série de dates festivalières, Thylacine a construit une tournée étalée sur plus d'un an dans les salles de musiques actuelles de l'Hexagone. Parmi les échéances confirmées pour 2027 : Le Bikini à Ramonville-Saint-Agne le 28 janvier (19h30, à partir de 37,20 €), La Laiterie à Strasbourg le 19 février (19h30, à partir de 40,30 €), La Coopérative de Mai à Clermont-Ferrand le 5 mars (20h, à partir de 38,20 €) et La Rochelle le 6 mars. Rennes, Lille, Brest, Le Mans, Rouen, Bordeaux, Dijon, Grenoble, Lyon et Marseille figurent également au parcours, complété par des dates à l'étranger, au Canada et en Turquie notamment.
Cette architecture — salles de 800 à 1 500 places en région, capitale en fin de cycle — correspond au modèle classique du live français subventionné, celui des SMAC et des scènes conventionnées. Elle suppose une production scénique amortie sur des dizaines de dates, à rebours de l'économie du DJ set, qui repose sur des cachets unitaires et des week-ends fragmentés.
Un parcours bâti hors des circuits club
Formé au conservatoire en musique classique puis passé par les beaux-arts, saxophoniste avant de basculer vers l'électronique en 2012, Thylacine a été distingué parmi les lauréats des Inouïs du Printemps de Bourges en 2014. Il a depuis signé l'album orchestral Timeless (2020), enregistré avec un ensemble de musiciens, ainsi que des musiques de films et de séries, dont De toutes mes forces (2017) et Winter Palace pour Netflix (2024).
Cette diversification — disque, live, composition à l'image — constitue une réponse concrète à la volatilité des revenus du streaming et des cachets club.
Ce que cela signale pour le booking en France
Pour les agences et les artistes, le cas est instructif à plusieurs titres. D'abord sur le calendrier : une mise en vente à six mois, assortie d'une seconde date ouverte dès le sold-out de la première, suppose un travail de billetterie anticipé avec la salle et le producteur, et non une annonce tardive. Ensuite sur le format : passer du DJ set au live scénique ouvre l'accès au réseau des salles subventionnées et à des jauges assises, donc à un public et à des budgets différents de ceux du clubbing.
Enfin sur la durée : une tournée étalée sur quatorze mois permet de construire une notoriété ville par ville, là où une saison de festivals concentre l'exposition sur quelques week-ends d'été. Pour un artiste électro français cherchant à sortir du seul circuit club, cette trajectoire reste l'un des modèles les plus solides à observer.
